« Sur ma maison, je regarde tomber le dernier soir d'une longue solitude. Quelle est donc cette force des choses qui m'oblige à m'en arracher ? » Charles de gaulle
« Le silence emplit ma maison. De la pièce d'angle où je passe la plupart des heures du jour, je découvre les lointains dans la direction du couchant. Au long de quinze kilomètres, aucune construction n'apparaît. Par-dessus la plaine et les bois, ma vue suit les longues pentes descendant vers la vallée de l'Aube, puis les hauteurs du versant opposé. D'un point élevé du jardin, j'embrasse les fonds sauvages où la forêt enveloppe le site, comme la mer bat le promontoire. Je vois la nuit couvrir le paysage. Ensuite, regardant les étoiles, je me pénètre de l'insignifiance des choses. »
Charles de gaulle
Charles de Gaulle et sa femme achètent la boisserie le 9 juin
1934. A cette époque ils ont trois enfants : un fils de 12 ans
et demi, une fille de 10 ans et une autre fille âgée de 6 ans
née handicapée.
Cette petite fille, être vulnérable, avait besoin de grand air.
C'est donc la petite Anne qui sans le vouloir, fut la cause de
l'installation de ce ménage venu de Paris pour être "au vert"
et éloigné de la vie trépidante de la Capitale.
L'acte de vente leur attribue une maison de quatorze pièces
entourée d'un vaste terrain. A cette époque elle s'appelle la
Brasserie mais sera rebaptisée avec plus d'élégance La Boisserie.
La transaction pour l'achat de cette maison s'est effectuée
sous la forme d'un viager .
Avec sa Citroën B14, il pense rallier Paris et la Boisserie en
4 heures
Pourtant "La Boisserie" n'était pas, en 1934, une habitation
luxueuse, encore sans eau à l'intérieur et bien sûr, sans
téléphone.
Après la Libération la Boisserie dû subir d'importantes
réparations ainsi que des transformations. Le chauffage central
et l'eau chaude sont installés et une tour
hexagonale construite en moellons par souci d'économie, est
ajoutée à l'extrémité de la maison pour l'agrandir ; avec le
temps la vigne vierge unifiera l'ensemble.
C'est au rez de chaussée de cette tour que le général
aménagera son bureau...